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de fièvre de passion et de facéties me laisse exténué aux aurores je sors par un petit matin aux odeurs d’aéroports le sac lourd des souvenirs d’un amour chargé l’âme libérée à l’avance par l’idée de rendre à une amante impossible à oublier des babioles dérisoires, les dés sont jetés sur le fleuve tranquille montent les lumières reflets chancelants de vaguelettes lampadaires à la rencontre des lueurs de l’aube Aïno j’aurais pu en faire une ode de l’eau grandissent les collines fatiguées aux brumes languissantes d’engourdissement et dans leur ombre je me mens et essaie d’oublier à mon gré les ténèbres de la nuit palissent en même temps que moi lentement le ciel se déploie et alors toutes mes certitudes glissent les nuages petits bouts de coton et de miel sous le soleil qui s’étire rayon après rayon n’arrêtent pas l’hémorragie de mon angoisse sera t’elle là ou pas ? j’y arrive et déjà je perds contenance si je la vois que dirais-je ? mes pensées ne riment plus à rien et la grisaille indécise du matin m’assaille cependant je m’arme comme un guerrier massaï et monte l’escalier douloureusement familier je transmets à la porte le tambourinement de ma poitrine rien, je rentre dans le berceau ténébreux et l’odeur à nulle autre pareille me rappelle ce qui n’est plus personne un soulagement une déception mon amante mon amie ma confidente ma sœur mes amours fondus en une Aïno de toi aujourd’hui je n’aurais pas mon billet retour je laisse en ces lieux chargés de toi tes objets et mes pensées et m’en retourne incomplet Raphaël, « il suffisait d’écrire » Description : Et encore un poème d'amour, après l'amour secret à sens unique, voici la relation coupée court. Pourquoi est-ce qu'une déception amoureuse doit-elle rappeler toutes les précédentes? Est-ce pour relativiser? Se dire que c'est pas la première fois, qu'on va trouver quelqu'un d'autre, qu'on a survécu aux fois précédentes? Je pense surtout que l'être humain a des processus complexes de défense contre la douleur, et que quand un chose fait trop mal on fait tout notre possible pour penser à autre chose, et ce même si cette chose est elle aussi douloureuse, tant qu'elle l'est moins que celle qui est sensée nous préoccuper. Date d'envoi : 14 mar. 2008 (11:15) Vues : 75 ![]() Afficher une version imprimable![]() Voir la galerie de ce membre
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